Brandon McNulty champion du monde après un solo de 35 kilomètres

Brandon McNulty champion du monde après un solo de 35 kilomètres
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Le monde du cyclisme a assisté dimanche à un exploit retentissant lors des Championnats du Monde de Montréal. Brandon McNulty, coureur américain de 28 ans, a créé la surprise en s'imposant au terme d'un solo homérique de 35 kilomètres. Une performance d'anthologie qui restera gravée dans les annales du cyclisme professionnel et qui confirme le talent de l'Arizonien, bien au-delà de ses précédents succès.



Cette victoire revêt une dimension particulière pour McNulty, qui avait déjà triomphé il y a deux ans sur ce même parcours du Grand Prix de Montréal. Mais cette fois-ci, aucune aide providentielle de son leader Tadej Pogacar : l'Américain a dû puiser dans ses propres ressources pour dominer une concurrence de très haut niveau, composée de champions chevronnés et de jeunes prodiges.



Un solo audacieux qui défie toutes les attentes



L'exploit de McNulty réside dans la témérité de son attaque et sa capacité à maintenir son avance jusqu'à la ligne d'arrivée. Partir seul à 35 kilomètres du but lors d'un championnat du monde relève de l'audace pure, surtout face à un peloton composé des meilleurs coureurs de la planète. Le coureur américain a parfaitement géré son effort, résistant au retour des derniers adversaires, tous épuisés par une journée de course particulièrement éprouvante.



Au final, McNulty a devancé deux illustres "vétérans" du peloton : l'Australien Michael Matthews et le Néerlandais Mathieu van der Poel. Pour ce dernier, cette deuxième place constitue une légère déception, lui qui n'a pas pu "venger" son grand-père Raymond Poulidor, également deuxième lors des Mondiaux de 1974 au Québec, dans une troublante répétition de l'histoire familiale.



Les favoris déjoués par la difficulté du parcours



La course a réservé son lot de surprises et de désillusions. On attendait beaucoup de la nouvelle génération, incarnée par le Français Paul Seixas et le Mexicain Isaac Del Toro. Ces deux prodiges du cyclisme mondial n'ont malheureusement pas pu tenir la distance, victimes de crampes qui les ont empêchés de se battre pour les premières places.



Autre absence notable dans le combat final : le Belge Remco Evenepoel, champion du monde du contre-la-montre, qui n'a pas réussi à se mêler à la bagarre décisive. Apparemment malade, le coureur belge n'a pas pu exprimer son plein potentiel sur les routes montrealaises, laissant le champ libre à ses concurrents.



Les performances suisses : Schmid frôle l'exploit



Du côté helvétique, la course a offert des motifs de satisfaction malgré l'absence de podium. Stefan Küng a longtemps figuré parmi les hommes de tête, confirmant sa réputation de coureur solide dans les épreuves difficiles. Le Thurgovien a terminé à une honorable 14e place, à un peu plus de deux minutes du vainqueur.



Mais c'est surtout Mauro Schmid qui a failli créer la sensation. Le coureur zurichois a parfaitement géré son effort tout au long de la journée et s'est même offert une attaque "en facteur" à quatre kilomètres de l'arrivée. Pendant quelques instants, le podium semblait à portée de roues. Finalement, Schmid a terminé à une frustrante 11e place, à seulement 22 secondes du podium, une performance réalisée au courage qui témoigne de son excellent niveau.



Une course animée par la stratégie française



Les Français avaient établi un plan de course ambitieux et l'ont appliqué à la lettre dès les premiers kilomètres. Bruno Armirail a joué un rôle d'équipier modèle, étirant le peloton pendant quasiment la moitié de l'épreuve. Le coureur tricolore a même englouti seul les échappés matinaux avant de céder sa place à ses compatriotes grimpeurs.



Les hostilités ont été lancées à plus de cent kilomètres de l'arrivée par une attaque de Jordan Jegat. Cette offensive a déclenché une série d'attaques en cascade, avec des coureurs de toutes nationalités tentant leur chance : Italien, Néerlandais, Belge, Espagnol, Américain, Norvégien, Autrichien, Portugais, Irlandais... La course est devenue un véritable feu d'artifice tactique tout au long de l'après-midi.



L'histoire insolite de Vladimir Kovacik



Comme souvent lors des Championnats du Monde, une belle histoire humaine a émergé de cette journée. Le Slovaque Vladimir Kovacik, 28 ans, a fait le buzz avant même le départ de la course. La raison ? Ce coureur est en réalité... le soigneur de son équipe nationale. Face aux forfaits de ses compatriotes, il a dû prendre le départ pour permettre à sa formation de conserver ses quotas pour les grandes compétitions futures.



Et celui qui n'avait plus couru chez les professionnels depuis neuf ans a réalisé un petit exploit en intégrant l'échappée matinale. Kovacik a même réussi à tenir à l'avant jusqu'à l'arrivée dans les rues de Montréal, comptant jusqu'à huit minutes d'avance sur le futur vainqueur. "Je m'entraîne encore au niveau amateur. J'ai rasé mes jambes exprès, mais c'est à peu près tout", avait-il déclaré avec humour en matinée.



L'échappée matinale : un casting cosmopolite



Comme souvent dans les grandes courses, l'échappée matinale n'a pas véritablement inquiété les favoris. Le groupe formé de seize hommes comptait dans ses rangs de nombreux seconds couteaux, mais aussi des coureurs aux origines particulièrement diverses :




  • Le Mauricien Alexandre Mayer

  • Le Bermudien Kaden Hopkins

  • Le Chypriote Andreas Miltiadis

  • Le local Guillaume Boivin

  • Deux Erythréens avec Biniam Girmay et Henok Mulueberhan

  • Le Panaméen Christofer Robin Jurado

  • Amir Arsalan Ansari, originaire d'Afghanistan et membre de l'équipe des réfugiés de l'Union cycliste internationale



Seule la présence d'Andreas Leknessund, récent vainqueur d'étape sur le Tour d'Espagne, a fait vaciller les équipiers des favoris. Sa présence dans l'échappée a même poussé l'équipe suisse à se mettre au travail à 160 kilomètres de l'arrivée, preuve que les formations nationales ne sous-estimaient pas la menace norvégienne.



Au final, cette édition montréalaise des Championnats du Monde restera comme l'une des plus spectaculaires de ces dernières années. Brandon McNulty a inscrit son nom au palmarès d'une épreuve mythique, prouvant qu'il mérite pleinement sa place parmi l'élite mondiale du cyclisme, indépendamment de l'ombre tutélaire de Tadej Pogacar.


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info Source : 20 Minutes | Sports

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