Quatrième décès lié à la rougeole en Pennsylvanie

Quatrième décès lié à la rougeole en Pennsylvanie

Les autorités sanitaires de Pennsylvanie ont annoncé mardi un quatrième décès lié à l'épidémie de rougeole qui frappe cet État de l'est des États-Unis depuis plusieurs mois. Cette nouvelle victime, âgée de 18 ans, vient s'ajouter à un bilan déjà tragique comprenant une femme de 40 ans et deux nourrissons. Tous ces décès concernent des personnes non vaccinées, selon le ministère de la Santé local.



Cette situation alarmante s'inscrit dans un contexte plus large de résurgence de la rougeole aux États-Unis, où l'épidémie actuelle est la plus grave enregistrée depuis trente-cinq ans. Les autorités sanitaires pointent du doigt la baisse inquiétante de la couverture vaccinale et la montée de la désinformation autour des vaccins.



Une épidémie sans précédent depuis trois décennies



Depuis le début de l'année 2026, les États-Unis ont enregistré plus de 3 290 cas confirmés de rougeole, un chiffre qui n'avait pas été atteint depuis 1991. La Pennsylvanie est particulièrement touchée avec près de 700 cas recensés sur son territoire. Cette flambée épidémique survient alors que la maladie avait été officiellement déclarée éliminée du pays en 2000 grâce à une politique de vaccination efficace.



Le bilan national s'établit désormais à sept décès en 2025, dont cinq enfants. Ces chiffres témoignent de la gravité de la situation et de l'urgence sanitaire à laquelle font face les autorités américaines. La rougeole, souvent considérée à tort comme une maladie bénigne, peut en effet entraîner des complications mortelles, particulièrement chez les personnes vulnérables.



Des victimes non vaccinées



Le ministère de la Santé de Pennsylvanie a souligné dans son communiqué que toutes les victimes décédées n'étaient pas vaccinées. Parmi elles, deux bébés étaient trop jeunes pour avoir reçu le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole), normalement administré à partir de 12 mois. Les deux autres victimes, âgées de 18 et 40 ans, auraient pu bénéficier de cette protection si elles avaient été vaccinées.



Cette situation met en lumière un double enjeu : la protection individuelle par la vaccination, mais aussi l'importance de l'immunité collective qui protège les personnes ne pouvant pas être vaccinées, comme les nourrissons ou les personnes immunodéprimées.



Une maladie aux complications potentiellement graves



La rougeole est une maladie virale hautement contagieuse qui se manifeste par plusieurs symptômes caractéristiques :




  • De la fièvre élevée

  • Des symptômes respiratoires (toux, rhinite)

  • Des éruptions cutanées distinctives

  • Une conjonctivite



Au-delà de ces manifestations classiques, la rougeole peut entraîner des complications graves et potentiellement mortelles. Parmi celles-ci figurent la pneumonie, l'encéphalite (inflammation du cerveau) pouvant causer des séquelles neurologiques permanentes, et dans les cas les plus sévères, le décès du patient. Ces complications touchent particulièrement les jeunes enfants, les adultes et les personnes dont le système immunitaire est affaibli.



Affrontement politique autour de la gestion de crise



Ces décès ont déclenché une vive polémique politique entre le gouverneur démocrate de Pennsylvanie, Josh Shapiro, et le ministre de la Santé de l'administration Trump, Robert Kennedy Jr. Ce dernier, connu pour ses positions vaccinosceptiques, se retrouve au cœur d'une controverse sur la communication sanitaire.



Sur le réseau social X, Josh Shapiro a directement accusé Robert Kennedy Jr d'alimenter des craintes infondées concernant les vaccins et de minimiser la gravité de la situation. Le gouverneur affirme que le ministre aurait donné l'ordre à la principale agence sanitaire fédérale de ne pas comptabiliser ces quatre décès pennsylvaniens, probablement parce qu'ils contredisent son discours sur les vaccins.



Robert Kennedy Jr a fermement démenti ces accusations, dénonçant une "politisation" des décès. Il a également remis en question, pour certaines victimes, le lien direct avec la rougeole, une position qui suscite l'inquiétude des professionnels de santé publique.



L'érosion de la couverture vaccinale



Le retour en force de la rougeole aux États-Unis s'explique principalement par une baisse significative des taux de vaccination observée ces dernières années. Bien que le vaccin ROR soit officiellement obligatoire pour l'entrée à l'école dans l'ensemble du pays, de nombreux États autorisent des exemptions qui permettent de contourner cette obligation.



Dans une grande partie du territoire américain, les parents peuvent invoquer des raisons religieuses ou même philosophiques pour dispenser leurs enfants de la vaccination. Ces dérogations non médicales ont considérablement augmenté depuis la pandémie de Covid-19, période durant laquelle la méfiance envers les autorités sanitaires et les vaccins s'est intensifiée.



L'explosion de la désinformation vaccinale sur les réseaux sociaux a joué un rôle majeur dans ce phénomène. De fausses informations sur les dangers supposés des vaccins circulent largement, créant une défiance croissante au sein de certaines communautés. Cette situation compromet l'immunité collective nécessaire pour protéger l'ensemble de la population, particulièrement les personnes vulnérables.



Un enjeu de santé publique majeur



Face à cette crise sanitaire, les autorités de santé publique appellent à une mobilisation générale pour restaurer la couverture vaccinale. Le vaccin ROR est considéré comme sûr et extrêmement efficace, offrant une protection de près de 97% après deux doses contre la rougeole.



Les experts soulignent que la situation actuelle était prévisible et évitable. La rougeole avait été éliminée du pays il y a plus de vingt ans grâce à des efforts soutenus de vaccination. Le retour de cette maladie illustre les conséquences concrètes de la baisse de vigilance et de la propagation de discours anti-vaccins.



La Pennsylvanie, comme d'autres États touchés, intensifie désormais ses campagnes de sensibilisation et encourage vivement les familles à vérifier le statut vaccinal de leurs enfants. Les professionnels de santé rappellent que la vaccination reste le moyen le plus efficace de prévenir cette maladie potentiellement mortelle et de protéger les membres les plus vulnérables de la société.

info Source : 20 Minutes | Monde

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