Une affaire glaçante secoue la Belgique depuis plusieurs mois. Le corps de Farid Bouzid, un homme d'une quarantaine d'années porté disparu depuis 2018, a été retrouvé enterré sous la terrasse de sa propre maison à Visé, en province de Liège. Pendant huit longues années, sa famille et ses proches ont cru qu'il avait choisi de partir à l'étranger, abandonnant femme et enfant. La réalité s'est révélée bien plus sombre.
Les analyses ADN effectuées sur les ossements découverts au début de l'été ont formellement confirmé l'identité de la victime. Sa compagne, Éloïse Ouijen, une infirmière jusqu'alors considérée comme une femme discrète et serviable par le voisinage, est aujourd'hui incarcérée et soupçonnée d'avoir tué le père de son enfant.
Huit années de mensonges et de fausses pistes
Lorsque Farid Bouzid disparaît en 2018, sa compagne fournit une explication qui semble plausible à l'entourage. Selon ses dires, l'homme aurait décidé de quitter le domicile familial pour rejoindre des membres de sa famille résidant en Allemagne ou en Algérie. Cette version des faits, répétée aux voisins et aux proches, finit par être acceptée comme une triste réalité : celle d'un père ayant abandonné sa famille.
Pendant toutes ces années, personne ne soupçonne la véritable tragédie qui s'est déroulée dans cette maison tranquille de Visé. Le fils du couple grandit en pensant que son père a choisi de partir, une blessure psychologique qui s'ajoute aujourd'hui au traumatisme de découvrir la vérité et de voir sa mère incarcérée.
Une enquête relancée par la police judiciaire
C'est le réexamen du dossier par la police judiciaire qui a permis de faire avancer cette affaire restée en suspens. Les enquêteurs se sont particulièrement intéressés à un élément troublant : une dalle de béton coulée à l'arrière de la maison, peu de temps après la disparition de Farid Bouzid. Ce détail, qui aurait pu passer inaperçu, s'est révélé être la clé de l'énigme.
Les investigations ont conduit les forces de l'ordre à procéder à des fouilles sous cette terrasse. C'est là que les ossements du disparu ont été découverts, enterrés depuis huit ans à quelques mètres seulement de l'endroit où vivaient sa compagne et son fils.
Les aveux partiels de la suspecte
Selon les informations rapportées par RTL Info, Éloïse Ouijen aurait reconnu avoir tué Farid Bouzid. Toutefois, elle conteste fermement toute préméditation dans cet acte. Les circonstances exactes du drame restent encore à éclaircir, et le parquet de Liège maintient une grande discrétion sur les éléments de l'enquête en cours.
L'infirmière de profession est incarcérée depuis le début de l'été. Son mandat d'arrêt doit prochainement faire l'objet d'un réexamen par les autorités judiciaires. La question de la préméditation sera centrale dans la suite de la procédure, car elle déterminera la qualification pénale des faits et la sévérité de la peine encourue.
La stupeur du voisinage
Dans le quartier où vivait le couple, la nouvelle a provoqué un véritable choc. Les voisins décrivent Éloïse Ouijen comme une femme discrète et serviable, à l'opposé du portrait que laisse entrevoir cette affaire criminelle. "On ne peut pas s'imaginer que ça peut arriver aussi près de chez soi", confie une habitante du secteur, encore sous le choc de cette révélation.
Cette réaction illustre le décalage entre l'image publique que projetait la suspecte et la réalité des faits qui lui sont reprochés. Pendant huit ans, elle a réussi à maintenir cette façade, vivant au-dessus de la sépulture improvisée de son compagnon, élevant seule leur enfant tout en perpétuant le mensonge du départ volontaire.
Un soulagement pour la famille de la victime
Pour les proches de Farid Bouzid, l'identification formelle des ossements représente paradoxalement un soulagement. Après huit années d'incertitude et de questionnements, ils savent désormais ce qu'il est advenu de leur parent. Leur avocat a déclaré qu'il s'agissait d'un "soulagement de savoir que Farid n'avait pas abandonné sa famille".
Cette déclaration souligne la double peine vécue par la famille : non seulement ils ont perdu un être cher, mais pendant des années, ils ont également dû composer avec l'idée qu'il les avait volontairement abandonnés. La vérité, aussi terrible soit-elle, leur permet au moins de faire leur deuil sur des bases réelles.
Les questions qui subsistent
Malgré les aveux partiels de la suspecte, de nombreuses zones d'ombre persistent dans cette affaire. L'enquête doit encore déterminer les circonstances exactes de la mort de Farid Bouzid. Plusieurs questions demeurent sans réponse :
- Quelles ont été les causes précises du décès ?
- Y a-t-il eu préméditation ou s'agit-il d'un geste impulsif ?
- Comment Éloïse Ouijen a-t-elle réussi à dissimuler le corps et à couler la dalle de béton ?
- A-t-elle bénéficié d'une aide extérieure ?
- Quelle sera la prise en charge psychologique du fils du couple ?
Le parquet de Liège n'a pas souhaité communiquer davantage sur ces aspects de l'enquête, invoquant le secret de l'instruction. Les réponses à ces questions seront déterminantes pour comprendre la chronologie des événements et établir les responsabilités pénales.
Cette affaire tragique rappelle que les drames familiaux peuvent se dissimuler derrière les apparences les plus banales. Elle soulève également des interrogations sur la capacité des proches et des autorités à détecter les signaux d'alerte dans les situations de disparition. Pour le fils du couple, désormais orphelin de père et privé de sa mère incarcérée, le chemin de la reconstruction s'annonce long et difficile. La justice devra maintenant faire toute la lumière sur cette sombre histoire qui a bouleversé une famille et une communauté entière.