Aluminium dans le matcha : 5 produits sur 7 dépassent les seuils

Aluminium dans le matcha : 5 produits sur 7 dépassent les seuils

Le matcha, cette poudre de thé vert japonais devenue incontournable dans nos cafés et cuisines, fait l'objet d'une nouvelle controverse sanitaire. Alors qu'il est plébiscité pour ses nombreux bienfaits sur la santé, des analyses récentes révèlent la présence préoccupante d'aluminium dans plusieurs références commercialisées, notamment en France.



Cette découverte soulève des questions légitimes sur la consommation régulière de cette boisson tendance, particulièrement prisée par les amateurs de bien-être et de santé naturelle. Les résultats publiés cette semaine par le magazine français "Que Choisir" mettent en lumière un problème jusqu'ici peu documenté concernant ce produit aux vertus pourtant reconnues.



Des analyses révèlent des concentrations inquiétantes d'aluminium



L'association de consommateurs "Que Choisir" a procédé à l'analyse de sept références de matcha principalement distribuées sur le marché français. Les résultats sont sans appel : l'aluminium a été détecté dans l'intégralité des produits testés, sans exception.



Plus préoccupant encore, cinq produits sur sept présentent des teneurs qui dépassent la valeur de référence établie par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Le cas le plus alarmant concerne un produit dont une seule tasse représente 3,8 fois la valeur de référence recommandée, un niveau particulièrement élevé qui interroge sur les pratiques de production et de contrôle qualité.



Un vide réglementaire au niveau européen



Paradoxalement, ces produits peuvent être légalement commercialisés en France et dans l'ensemble de l'Union européenne. La raison ? Aucune limite réglementaire maximale pour l'aluminium n'est imposée par la législation européenne concernant ce type de produit.



Cependant, les autorités sanitaires ont bien émis des recommandations. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) préconise de ne pas dépasser 143 microgrammes par kilo de poids corporel et par jour. L'Anses française se montre encore plus prudente avec un seuil fixé à seulement 40 microgrammes, soit près de quatre fois moins que la recommandation européenne.



Le prix comme indicateur de qualité



L'étude de "Que Choisir" révèle également une corrélation significative entre le prix du matcha et sa qualité sanitaire. Les matchas les moins chers obtiennent généralement les résultats les plus décevants sur la plupart des critères analysés, y compris la concentration en aluminium.



À l'inverse, les références haut de gamme, particulièrement celles étiquetées "matcha de cérémonie", affichent des concentrations d'aluminium nettement plus faibles. Cette différence s'explique probablement par des méthodes de culture plus rigoureuses, une sélection plus stricte des feuilles et un contrôle qualité renforcé justifiant leur prix premium.



Une contamination d'origine naturelle mais amplifiée



Contrairement à certains contaminants industriels, l'aluminium présent dans le matcha provient principalement de sources naturelles. Les théiers japonais poussent traditionnellement dans des sols volcaniques naturellement riches en aluminium. Les plantes absorbent ce métal au cours de leur croissance, l'incorporant dans leurs tissus végétaux.



La particularité du matcha réside dans son mode de préparation et de consommation : les feuilles sont finement broyées en poudre puis entièrement ingérées, contrairement au thé vert classique où seule l'infusion est consommée. Cette différence fondamentale transforme complètement le profil d'exposition aux composants du thé.



Une arme à double tranchant pour la santé



Comme le souligne justement "Que Choisir", cette méthode de consommation intégrale présente un caractère ambivalent. D'un côté, elle permet d'absorber la totalité des composés bénéfiques : antioxydants puissants (catéchines, EGCG), L-théanine favorisant la concentration et la relaxation, vitamines et minéraux.



De l'autre, elle entraîne également l'ingestion de tous les contaminants présents dans les feuilles, en particulier l'aluminium. Cette exposition complète contraste fortement avec le thé infusé traditionnel, où une partie des contaminants reste piégée dans les feuilles non consommées.



Les risques potentiels de l'aluminium pour la santé



L'aluminium est un métal dont l'accumulation dans l'organisme suscite des préoccupations sanitaires légitimes. Bien que les mécanismes ne soient pas entièrement élucidés, plusieurs études ont établi des liens potentiels avec certaines pathologies neurodégénératives. L'exposition chronique à des doses élevées pourrait également affecter le système osseux et rénal.



Pour les consommateurs réguliers de matcha, particulièrement ceux qui en boivent plusieurs tasses quotidiennes, l'exposition cumulée peut rapidement devenir significative et dépasser les seuils recommandés par les autorités sanitaires, surtout avec les références les plus contaminées.



Recommandations pour les consommateurs



Face à ces révélations, plusieurs précautions s'imposent pour continuer à profiter des bienfaits du matcha tout en limitant les risques :




  • Privilégier les matchas de qualité supérieure, notamment ceux labellisés "cérémonie" ou "premium", qui présentent généralement des taux d'aluminium plus faibles

  • Modérer sa consommation en limitant à une ou deux tasses par jour maximum, surtout pour les références bon marché

  • Varier les sources d'approvisionnement et les marques pour diluer l'exposition potentielle

  • Consulter les analyses disponibles et choisir des marques transparentes sur leurs contrôles qualité

  • Alterner avec d'autres thés verts infusés qui présentent une exposition moindre aux contaminants



Cette problématique de l'aluminium dans le matcha rappelle l'importance d'une approche équilibrée en matière de consommation, même pour les produits réputés bénéfiques pour la santé. Elle souligne également la nécessité d'une réglementation plus stricte et de contrôles renforcés pour protéger les consommateurs, particulièrement dans un contexte où le marché du matcha connaît une croissance exponentielle en Occident.

info Source : 20 Minutes | Monde

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