Axa alerte sur l'explosion des troubles psychiques chez les jeunes

Axa alerte sur l'explosion des troubles psychiques chez les jeunes

Le patron de l'assurance Axa, Patric Deflorin, tire la sonnette d'alarme face à une augmentation préoccupante des troubles psychiques chez les jeunes assurés. Dans une interview accordée à la "Sonntagszeitung", le directeur général pointe du doigt les réseaux sociaux comme l'un des principaux facteurs de cette évolution inquiétante qui touche particulièrement les 18-24 ans.



Les statistiques révélées par l'assureur sont édifiantes : entre 2021 et 2025, le nombre de nouveaux cas de maladies psychiques a bondi de 78% parmi les assurés d'Axa. Cette hausse spectaculaire concerne principalement les clients les plus jeunes, parmi les plus de 400'000 assurés actifs dans la prévoyance professionnelle, mais s'étend également à l'assurance d'indemnités journalières en cas de maladie.



Des conséquences financières majeures pour l'assureur



Cette explosion des cas de troubles psychiques ne reste pas sans conséquences sur le plan économique. Patric Deflorin explique que l'assureur a dû faire face à des charges financières considérables pour absorber cette vague de nouveaux cas. Rien qu'en 2024, Axa a été contrainte de constituer 220 millions de francs de provisions pour couvrir ces nouveaux cas relevant de l'assurance invalidité (AI).



Ces provisions visent notamment à garantir la part des rentes liée au salaire dans le cadre du deuxième pilier. Face à cette multiplication des maladies psychiques de longue durée, l'assurance n'a eu d'autre choix que d'augmenter les primes d'indemnités journalières en cas de maladie, répercutant ainsi une partie du coût sur l'ensemble des assurés.



Les réseaux sociaux dans le viseur



Selon le CEO d'Axa, la dépendance aux réseaux sociaux constitue l'un des facteurs majeurs expliquant cette forte augmentation chez les jeunes adultes. Cette position s'appuie sur une étude menée par Axa sur la santé mentale, qui aurait mis en évidence un lien clair entre le temps passé devant les écrans et le bien-être personnel des utilisateurs.



Au-delà du simple temps d'écran, Patric Deflorin évoque également la pression sociale liée à la performance comme facteur aggravant. Toutefois, le patron d'Axa se refuse à conclure que les jeunes générations seraient globalement moins disposées à fournir des efforts, nuançant ainsi son propos pour éviter toute stigmatisation.



Des restrictions nécessaires pour protéger les plus jeunes



Face aux effets potentiellement addictifs des téléphones portables et des réseaux sociaux, Patric Deflorin estime que des restrictions sont nécessaires pour les enfants et les adolescents. Cette position rejoint les préoccupations croissantes exprimées par de nombreux experts en santé publique à travers le monde.



Le directeur général d'Axa reste toutefois prudent sur la forme que devraient prendre ces limitations. Il considère que la question de savoir si ces limites doivent être imposées par l'État ou relever de la responsabilité des parents constitue un véritable choix de société qui dépasse le cadre strictement médical ou assurantiel.



Vers un désengagement de certaines branches d'assurance ?



Interrogé sur le poids que font peser les indemnités journalières en cas de maladie sur Axa, Patric Deflorin a esquissé deux scénarios possibles pour l'avenir :




  • Continuer à augmenter les primes pour couvrir les coûts croissants

  • Ne plus assurer certaines branches, comme cela existe déjà pour l'assurance-accidents



Dans cette seconde hypothèse, ce serait à l'État d'intervenir avec un système d'attribution pour garantir la couverture des assurés. Une solution que le CEO assure vouloir éviter, préférant manifestement maintenir le système actuel malgré les défis financiers qu'il représente.



Cette prise de position d'un acteur majeur de l'assurance en Suisse soulève des questions fondamentales sur l'impact des nouvelles technologies sur la santé mentale des jeunes générations et sur la capacité du système assurantiel à absorber ces nouveaux risques. Elle interpelle également sur la nécessité d'une réponse collective, impliquant familles, institutions et pouvoirs publics, face à ce défi sanitaire émergent.

info Source : 20 Minutes | Économie

open_in_new Lire l'article original
Partager :
-