Charles Spencer accuse le roi Charles III de manipulation après ses révélations sur Diana

Charles Spencer accuse le roi Charles III de manipulation après ses révélations sur Diana

Une nouvelle controverse secoue la monarchie britannique. À quelques jours de la publication des mémoires de Charles Spencer, le frère de la princesse Diana, une guerre ouverte éclate entre l'aristocrate et le palais de Buckingham. Au cœur du conflit : des accusations mutuelles de manipulation et de déformation de la vérité concernant les événements qui ont suivi la mort tragique de Diana en 1997.



Cette confrontation publique, rarissime entre un membre de la famille royale et un proche de la défunte princesse, révèle des tensions profondes qui persistent plus de vingt-cinq ans après le décès de celle qui était surnommée "la princesse du peuple".



Une accusation de manipulation psychologique sans précédent



Charles Spencer, âgé de 62 ans, n'a pas mâché ses mots dans sa réponse au communiqué royal. S'exprimant dans les colonnes du Mail on Sunday, il a déclaré : "Ce n'est pas tous les jours que l'on se réveille en découvrant que le roi a tenté de vous faire passer pour quelqu'un dont les souvenirs ne sont pas fiables."



L'aristocrate a utilisé un terme particulièrement fort pour qualifier l'attitude du palais : "gaslit", une expression anglaise désignant une forme de manipulation psychologique visant à faire douter une personne de ses propres perceptions, souvenirs ou jugement. Cette accusation grave suggère une tentative délibérée de la part de Buckingham de discréditer son témoignage avant même la sortie de son livre.



Le communiqué royal jugé "d'une agressivité stupéfiante"



La réaction du palais de Buckingham, publiée jeudi dernier, avait pris une tournure inhabituelle. Un porte-parole du roi avait déclaré que Charles III "n'ignore pas que la douleur provoquée par la perte d'une sœur peut obscurcir la raison, altérer le jugement et teinter les souvenirs d'une manière que les autres ne perçoivent pas, même de nombreuses années après un tel deuil".



Pour Charles Spencer, ce communiqué constitue "un coup bas" car il revient essentiellement à laisser entendre qu'il aurait menti, sans que le roi soit en mesure de démentir formellement ses propos. Cette stratégie de communication a été perçue par l'intéressé comme une attaque personnelle déguisée en compassion.



Des révélations explosives dans les mémoires à paraître



Le livre de Charles Spencer, intitulé "Swan Song: Diana, My Sister" ("Diana, ma sœur : le chant du cygne"), doit paraître mardi. Les extraits publiés par le Daily Mail contiennent une affirmation particulièrement retentissante qui a déclenché cette tempête médiatique.



Selon l'auteur, le roi Charles III, alors prince de Galles, lui aurait déclaré au téléphone peu après la mort de Diana en 1997 : "Rassurez-vous, nous l'aurons bientôt oubliée." Plus troublant encore, Charles Spencer décrit la voix du futur roi comme "euphorique, presque grisée, comme s'il avait gagné à la loterie".



Ces allégations, si elles sont avérées, jettent une lumière crue sur les relations au sein de la famille royale dans les jours qui ont suivi la tragédie du tunnel de l'Alma à Paris, et contredisent l'image de deuil national qui avait alors été véhiculée.



Une stratégie de communication comparée à l'affaire Meghan et Harry



Charles Spencer a également établi un parallèle cinglant entre la réponse du palais à ses accusations et celle apportée lors de l'interview explosive du prince Harry et de Meghan Markle avec Oprah Winfrey en 2021. À l'époque, face aux accusations de racisme au sein de la famille royale, Buckingham avait répondu par la formule devenue célèbre : "les souvenirs peuvent différer".



L'aristocrate qualifie le communiqué actuel de "médiocre imitation" de cette stratégie, suggérant que le palais utilise systématiquement la même tactique pour discréditer les témoignages gênants sans les démentir directement.



Le parcours et la légitimité de Charles Spencer



Il convient de rappeler que Charles Spencer n'est pas un simple observateur de la vie royale. Ancien journaliste pour la télévision américaine, il a également écrit plusieurs ouvrages consacrés à l'histoire britannique ainsi qu'à ses années d'internat. Cette expérience professionnelle renforce la crédibilité de son témoignage.



En tant que 9e comte Spencer, il a hérité du domaine familial d'Althorp, où Diana repose depuis sa mort. Ce lieu symbolique fait de lui le gardien de la mémoire de sa sœur, un rôle qu'il prend manifestement très au sérieux.



L'engagement pris lors des funérailles de Diana



Après la mort tragique de sa sœur, Charles Spencer avait prononcé un éloge funèbre mémorable qui avait marqué les esprits. Il y avait notamment accusé les médias d'avoir "du sang sur les mains", pointant du doigt le rôle des paparazzi dans la poursuite qui avait mené à l'accident fatal.



Lors de cette même cérémonie, suivie par des millions de personnes à travers le monde, il avait solennellement promis de toujours veiller sur les deux fils de Diana, William et Harry. Cette promesse publique renforce aujourd'hui sa position de défenseur de la vérité concernant sa sœur.



Un conflit aux multiples dimensions



Cette confrontation publique soulève plusieurs questions importantes :




  • La fiabilité des témoignages personnels concernant des événements traumatiques survenus il y a plus de vingt-cinq ans

  • Le droit à la vérité historique versus la protection de l'image de la monarchie

  • Les limites de la communication institutionnelle face aux témoignages individuels

  • La persistance des tensions au sein de la famille royale britannique



Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu pour la monarchie britannique, encore affectée par les révélations du prince Harry dans son autobiographie "Spare" et les tensions continues avec le duc et la duchesse de Sussex.



Alors que la sortie du livre de Charles Spencer approche, cette guerre des mots entre l'aristocrate et Buckingham Palace ne fait probablement que commencer. Les révélations complètes contenues dans "Swan Song: Diana, My Sister" pourraient bien raviver des blessures que le temps n'a manifestement pas cicatrisées et relancer le débat sur le traitement réservé à la princesse Diana de son vivant et après sa mort.

info Source : 20 Minutes | Monde

open_in_new Lire l'article original
Partager :
-