Zemmour annonce sa candidature 2027 avec un programme d'expulsions

Zemmour annonce sa candidature 2027 avec un programme d'expulsions

Le paysage politique français se densifie à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Eric Zemmour, président du parti d'extrême droite Reconquête, a annoncé jeudi soir sur BFMTV son intention de briguer à nouveau la magistrature suprême. Cette déclaration, bien que non encore formelle selon son entourage, marque le retour sur la scène électorale de cette figure controversée qui avait obtenu 7,07% des suffrages lors du scrutin de 2022, se classant en quatrième position.



À 68 ans, l'ancien journaliste ne cache pas ses ambitions et affiche un programme radical axé sur une politique migratoire d'une sévérité inédite. Sa candidature, qui devrait être officiellement déclarée à l'automne, s'inscrit dans une stratégie de radicalisation du discours sur l'immigration et l'identité nationale.



Un programme d'expulsions massives



Au cœur du projet politique d'Eric Zemmour figure le concept de "remigration", un terme qui va bien au-delà de la simple limitation de l'immigration. Il s'agit selon lui d'organiser l'expulsion systématique de plusieurs catégories d'étrangers présents sur le territoire français, qu'ils soient en situation régulière ou irrégulière.



Le candidat a dressé une liste précise des populations qu'il souhaite voir contraintes de quitter le pays. Cette approche marque une rupture avec les discours traditionnels sur l'immigration, même au sein de l'extrême droite française.



Les détenus et délinquants étrangers dans le viseur



Première cible du programme de Zemmour : les étrangers incarcérés. "Il faut renvoyer tous les étrangers qui sont dans les prisons françaises. Ça fait 25% des prisons", a-t-il affirmé lors de son intervention télévisée. Mais le candidat ne s'arrête pas aux personnes détenues.



Il étend sa politique d'expulsion à l'ensemble des délinquants étrangers, y compris ceux qui ne sont pas emprisonnés. Sont ainsi visés les individus purgeant une peine sous bracelet électronique ou soumis à des travaux d'intérêt général. Cette proposition soulève de nombreuses questions juridiques, notamment concernant le respect des conventions internationales et du droit européen.



Chômeurs de longue durée : une mesure sans précédent



L'aspect le plus radical du programme concerne peut-être les chômeurs de longue durée. Eric Zemmour a fixé à un an la durée maximale de chômage au-delà de laquelle un étranger, même en situation régulière, devrait être contraint de quitter le territoire français.



"Il faut également renvoyer les chômeurs de longue durée, et tous ceux qui vivent uniquement des aides sociales", a-t-il déclaré. Cette proposition s'applique donc également aux étrangers en situation régulière, ce qui constitue une nouveauté dans le débat politique français et pourrait se heurter à de nombreux obstacles juridiques.



Les catégories visées par les expulsions incluent également :




  • Les personnes en situation irrégulière (clandestins)

  • Les bénéficiaires d'aides sociales sans activité professionnelle

  • L'ensemble des étrangers délinquants, quelle que soit la gravité de leur infraction



La polémique Mbappé et les accusations de racisme



Les propos d'Eric Zemmour concernant le footballeur Kylian Mbappé ont déclenché une vive controverse. Le candidat a accusé l'attaquant français de "solidarité islamique" avec les migrants à Ceuta, des déclarations qui ont immédiatement suscité l'indignation, particulièrement à gauche de l'échiquier politique.



La députée écologiste Léa Balage El Mariky a saisi vendredi l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel français. Dans sa plainte transmise à l'AFP, elle dénonce le fait que "durant plusieurs heures à la télévision, Eric Zemmour a enchaîné des propos racistes et xénophobes, sans modération significative de la part des journalistes".



Cette saisine soulève la question du rôle des médias dans l'encadrement du débat politique et de la diffusion de discours potentiellement contraires aux valeurs républicaines.



Un contexte électoral complexe pour 2027



Eric Zemmour devra affronter une concurrence redoutable au sein même de la mouvance d'extrême droite. Marine Le Pen, figure emblématique et candidate du Rassemblement national, est largement donnée en tête du premier tour prévu le 18 avril 2027.



La situation juridique de Marine Le Pen s'est récemment améliorée : en juillet, la justice a réduit la peine d'inéligibilité qui la frappait suite à sa condamnation pour détournement de fonds publics, lui permettant ainsi de se présenter sans obstacle majeur.



Selon un sondage publié récemment et réalisé auprès de 13.000 électeurs, le paysage du second tour pourrait prendre différentes configurations. L'ancien Premier ministre Édouard Philippe pourrait atteindre le second tour face à Marine Le Pen, à condition que son rival centriste Gabriel Attal se retire de la course.



Dans le cas contraire, c'est le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon qui affronterait Marine Le Pen au second tour. Cette multiplicité de scénarios témoigne de la fragmentation du paysage politique français et de l'incertitude qui caractérise cette élection présidentielle à venir.



L'entrée en campagne d'Eric Zemmour, avec ses propositions radicales sur l'immigration, risque de tirer encore davantage le débat politique vers les thématiques identitaires et sécuritaires, au détriment peut-être d'autres enjeux majeurs comme le climat, le pouvoir d'achat ou la santé publique.

info Source : 20 Minutes | Monde

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