Une rencontre entre radios de petites communautés linguistiques

Le Haut-Adige a accueilli cette année l'évaluation croisée que pratiquent régulièrement plusieurs diffuseurs européens tournés vers les minorités linguistiques. À cette occasion, leurs représentants ont échangé avec Arno Kompatscher, président de la Province autonome de Bolzano, comme l'a rapporté le quotidien local Alto Adige.

Autour de la table figuraient Rai Bolzano/Südtirol/Ladinia, la station luxembourgeoise 100komma7, le diffuseur suisse RTR et la radio belge BRF. Tous partagent une même contrainte : produire et diffuser des programmes pour des communautés linguistiques peu nombreuses. Ces rencontres servent à mettre en commun les expériences et à examiner ensemble les difficultés qui en découlent.

Auditeur avec un casque écoutant une radio en ligne sur son ordinateur portable

Le géoblocage, un frein pour les auditeurs hors frontières

Premier dossier sur la table : le géoblocage, c'est-à-dire la limitation de l'accès à des contenus audiovisuels en ligne selon le pays depuis lequel l'internaute se connecte. Pour une minorité linguistique, l'enjeu est très concret. Ses membres souhaitent suivre émissions, informations et analyses dans leur langue, y compris lorsqu'ils se trouvent hors du territoire national.

Arno Kompatscher a plaidé pour une réponse européenne, estimant que c'est à ce niveau qu'il faut intervenir pour rendre ces contenus plus accessibles aux communautés minoritaires.

Indépendance éditoriale et proximité du pouvoir

Les participants ont aussi abordé l'indépendance de l'information et les relations entre médias et responsables politiques. Dans les petits territoires, rédactions, élus et institutions évoluent dans un environnement social très resserré, ce qui rend la question particulièrement délicate.

Le président de la province a par ailleurs défendu l'idée que soutenir les médias, c'est aussi soutenir les langues minoritaires. Les stations qui émettent dans ces langues ne se limitent pas à informer : elles contribuent à faire vivre une identité linguistique et culturelle, facilitent l'accès à l'information et encouragent la participation à la vie publique.

Ce que ça change pour les webradios

Ce débat concerne directement les webradios, dont l'audience est par nature internationale. Quelques pistes à retenir :

  • Connaître sa zone de diffusion : les restrictions géographiques découlent souvent des droits sur les programmes ou la musique, accordés territoire par territoire. Mieux vaut savoir précisément où son flux peut être écouté légalement.
  • Penser aux auditeurs expatriés : une station en langue régionale ou minoritaire peut trouver une partie de son public à l'étranger, parmi les membres de la communauté installés ailleurs.
  • Soigner la découvrabilité : indiquer clairement la langue de diffusion dans les annuaires, les applications et les métadonnées aide les auditeurs éloignés à trouver le bon flux.
  • Suivre le dossier européen : si l'Union européenne se saisit de la question, les règles d'accès transfrontalier aux contenus pourraient évoluer, avec des effets possibles sur les plateformes d'écoute.

Le pluralisme au cœur des échanges

En toile de fond, cette rencontre rappelle le rôle du service public audiovisuel dans la défense du pluralisme. Accessibilité numérique, autonomie éditoriale et protection des langues minoritaires y apparaissent comme des sujets étroitement liés, appelés à peser davantage dans le paysage médiatique européen. Pour les éditeurs indépendants comme pour les grands diffuseurs, pouvoir atteindre un auditeur où qu'il se trouve devient un critère central.

Source : FM-world

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