Deux youtubeurs piègent CNews en direct et dénoncent Morandini

Deux youtubeurs piègent CNews en direct et dénoncent Morandini
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Un passage télévisé qui devait être consacré à la lutte contre les pickpockets s'est transformé en véritable coup d'éclat médiatique. Jeudi 17 septembre, les youtubeurs Gabiche et Rodav ont piégé CNews en direct, transformant leur intervention en tribune politique et en attaque frontale contre Jean-Marc Morandini, producteur de l'émission. Une séquence qui a rapidement été interrompue et qui fait désormais le buzz sur les réseaux sociaux.



Invités dans l'émission "Police-justice, 24 heures en France" pour présenter leur "brigade anti-pickpocket", les deux créateurs de contenu avaient en réalité minutieusement préparé une opération destinée à dénoncer la présence du producteur controversé sur la chaîne d'information en continu.



Une invitation qui se retourne contre la chaîne



La présentatrice Nelly Daynac avait expliqué les raisons de cette invitation en plateau : "Quoi qu'on en dise, il y a des gens qui vous suivent. Donc on était intrigués et on voulait vous faire venir." L'émission souhaitait explorer le concept controversé de ces youtubeurs qui filment des voleurs présumés dans les rues de Paris et les confrontent devant la caméra, une pratique que Gabiche reconnaît lui-même comme problématique.



Mais les deux hommes n'étaient pas venus pour simplement défendre leur activité. Ils avaient orchestré un véritable piège médiatique, attendant la fin de l'échange pour frapper leur coup. L'échange semblait d'abord se dérouler normalement, avec des questions sur leur méthode et l'éthique de leur démarche.



Le moment de bascule en direct



C'est à la fin de l'intervention que Gabiche a lancé son attaque. Commençant par reconnaître les limites de son activité, il a déclaré : "Même si ce n'est pas forcément éthique, très carré, ce qu'on fait et qu'on peut nous en vouloir, je tiens quand même à dire que vous ne nous mettez pas tant en avant et je comprends votre point de vue..."



Puis, changeant brusquement de ton, il a directement visé le producteur de l'émission : "Mais il y a quand même pire dans ce monde... Il y a quand même les pédophiles comme Jean-Marc Morandini que vous avez eu pendant très longtemps ici." Une accusation qui a immédiatement provoqué la panique en régie.



Il convient de préciser que l'expression employée par Gabiche ne correspond pas exactement à la qualification judiciaire. Jean-Marc Morandini a été définitivement condamné pour harcèlement sexuel et corruption de mineurs, et non pour pédocriminalité au sens strict du terme pénal.



Une coupure précipitée de l'antenne



La réaction de la chaîne ne s'est pas fait attendre. La séquence a été immédiatement interrompue et CNews a rapidement basculé sur des images de transition, avant de lancer une coupure publicitaire. Mais avant que l'antenne ne soit complètement coupée, le youtubeur a encore eu le temps de lancer : "Et vous continuez de mettre en avant (Jean-Marc Morandini) même après la condamnation définitive."



Cette interruption brutale témoigne de l'embarras de la chaîne face à cette attaque en direct, d'autant plus que la collaboration avec Jean-Marc Morandini reste un sujet sensible pour CNews, régulièrement critiquée pour maintenir ses liens professionnels avec le producteur malgré sa condamnation.



Des t-shirts militants et un message politique



Mais le coup d'éclat ne s'est pas limité au plateau télé. Dans les vidéos diffusées par la suite sur les réseaux sociaux, Gabiche et Rodav ont révélé l'ampleur de leur préparation. Les deux youtubeurs avaient apporté des t-shirts spécialement conçus pour l'occasion, qu'ils ont exhibés fièrement après leur passage.



Le contenu de ces t-shirts était sans équivoque :




  • L'un contenait une insulte directement adressée à Jean-Marc Morandini

  • L'autre affichait un appel explicite à voter pour La France insoumise en 2027



Cette dimension politique ajoute une couche supplémentaire à l'opération, transformant le coup médiatique en tribune militante. Les deux créateurs ont ainsi profité de leur passage sur une chaîne réputée proche de la droite pour diffuser un message clairement ancré à gauche.



Une sortie des locaux sous tension



Les vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent également le départ des deux youtubeurs des locaux de CNews. L'atmosphère y est visiblement tendue, mais Gabiche et Rodav affichent leur satisfaction, tout sourire devant la caméra.



"On est désolé, on était obligés, franchement on s'est senti un peu obligé avec tout ce qu'il se passe. En plus c'est Morandini qui nous a contactés. Votez bien en 2027", lancent-ils en quittant les studios, assumant pleinement leur action et son caractère prémédité.



Cette révélation selon laquelle c'est Jean-Marc Morandini lui-même qui aurait contacté les youtubeurs ajoute une ironie supplémentaire à la situation. Le producteur aurait ainsi involontairement facilité l'opération destinée à le dénoncer publiquement.



Une opération revendiquée et planifiée



Dans les heures qui ont suivi, Gabiche et Rodav ont multiplié les publications sur leurs réseaux sociaux pour revendiquer cette opération préparée de longue date. Loin d'être un dérapage improvisé, il s'agissait d'une action mûrement réfléchie, avec plusieurs niveaux de communication : l'attaque en direct, les t-shirts militants, et les vidéos de making-of diffusées ensuite.



Cette stratégie témoigne d'une compréhension fine des mécanismes médiatiques et viraux. En acceptant l'invitation de CNews, les deux youtubeurs ont obtenu une plateforme pour diffuser leur message, tout en sachant que la controverse générée amplifierait considérablement leur audience au-delà des téléspectateurs de la chaîne.



Leur passage, initialement consacré aux pickpockets et à leur méthode controversée de vigilantisme urbain, s'est finalement transformé en séquence politique et médiatique qui dépasse largement le sujet initial. Une opération qui soulève des questions sur les limites de l'invitation de créateurs de contenu en plateau télé et sur la capacité des chaînes à contrôler leur antenne face à des invités déterminés à détourner leur temps de parole.



Cette affaire illustre également la porosité croissante entre les univers de YouTube et de la télévision traditionnelle, où les codes et les attentes diffèrent profondément, créant parfois des situations explosives comme celle-ci.


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info Source : 20 Minutes | People

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