Swiss Basket dévoile sa stratégie 2024-2030 malgré un budget limité

Swiss Basket dévoile sa stratégie 2024-2030 malgré un budget limité

La fédération Swiss Basket a organisé sa traditionnelle conférence de presse de rentrée jeudi à Fribourg, l'occasion de faire le point sur les nombreux défis qui attendent le basketball helvétique pour cette nouvelle saison. Entre stratégie à long terme, restructuration des centres de formation et espoirs placés dans les équipes nationales, les dirigeants ont dressé un panorama complet de la situation actuelle.



Malgré des ressources financières limitées et des contraintes budgétaires importantes, la fédération affiche sa détermination à poursuivre le développement du basket suisse sur tous les fronts, des infrastructures jusqu'à la visibilité médiatique, en passant par le soutien aux clubs de base.



Une stratégie ambitieuse malgré des moyens contraints



Andrea Siviero, président de Swiss Basket, a rappelé les fondements de la stratégie 2024-2030 qui guide l'action de la fédération. Cette feuille de route repose sur sept piliers essentiels destinés à propulser le basketball suisse vers de nouveaux sommets. Parmi les objectifs prioritaires figurent l'amélioration de la formation des jeunes talents, la recherche de solutions durables pour les infrastructures, et la capacité d'accueillir tous les jeunes désireux de pratiquer ce sport.



La fédération souhaite également éveiller l'intérêt du grand public et maximiser la visibilité médiatique du basket suisse, tout en maintenant un soutien constant aux clubs qui constituent l'épine dorsale du système. Un programme ambitieux qui doit néanmoins composer avec une réalité budgétaire stricte.



Un budget stable mais une trésorerie sous surveillance



Le budget de Swiss Basket pour cette saison reste similaire à celui de l'année précédente, oscillant entre 7,5 et 7,7 millions de francs. Une enveloppe qui peut sembler confortable, mais qui cache une réalité plus complexe. "Nous devrons faire avec une utilisation limitée des fonds à disposition", a précisé Andrea Siviero lors de la conférence.



Si la fédération dispose effectivement de trésorerie, l'assemblée des délégués a clairement exprimé sa volonté de ne pas puiser excessivement dans ces réserves. Cette prudence financière impose donc une gestion rigoureuse et des choix stratégiques dans l'allocation des ressources disponibles.



Le déménagement du centre national, un pari gagnant



L'une des décisions majeures récentes a été le déplacement du centre national de Lausanne à Macolin. Kazadi Daniel Goethals, secrétaire général de Swiss Basket, a souligné les bénéfices concrets de cette relocalisation. Le nombre de jeunes accueillis est passé de 9 à 17, une augmentation significative qui témoigne de l'attractivité du nouveau site.



"C'est plus central pour les Alémaniques qui peuvent étudier dans leur langue maternelle à Bienne", explique le dirigeant belge. Cette centralité géographique et linguistique constitue un atout majeur pour recruter des talents dans toutes les régions du pays. Au-delà de l'aspect sportif, ce déménagement s'avère également judicieux sur le plan financier, permettant d'économiser 150'000 francs de charges par année.



Pour encadrer ces jeunes espoirs, Swiss Basket s'appuie sur Jonathan Kazadi en tant qu'entraîneur. Le Bernois, bien qu'investi dans le 3x3, consacre 50% de son temps à la fédération et présente l'avantage précieux d'être bilingue, facilitant ainsi la communication avec l'ensemble des jeunes du centre.



Équipes nationales : l'espoir d'un troisième tour décisif



Concernant les équipes nationales A, les dirigeants placent beaucoup d'espoirs dans un éventuel troisième tour de préqualifications prévu pour l'été prochain. Daniel Goethals se montre réaliste quant aux chances actuelles : "Parce qu'on va être réaliste, la défaite contre la Grande-Bretagne d'entrée a compliqué nos affaires lors de ce deuxième tour. Il faudrait un sacré concours de circonstances pour qu'on passe ce tour-là."



Cependant, l'été prochain pourrait offrir une configuration bien différente. Les dirigeants espèrent pouvoir compter sur leurs joueurs évoluant en Amérique du Nord, et pas seulement les deux stars NBA que sont Clint Capela et Yanic Konan Niederhäuser. Il ne faut pas oublier les 21 jeunes Suisses qui évoluent en NCAA dans les universités américaines, un vivier de talents considérable.



"On pourrait avoir un cinq de base très intéressant", s'enthousiasme Daniel Goethals. Les contacts avec les deux joueurs NBA sont maintenus par le secrétaire général et le président Siviero, même si la situation reste incertaine.



Le cas des joueurs NBA : entre espoir et réalisme



Concernant Yanic Konan Niederhäuser, Daniel Goethals précise : "Yanic fait partie du projet, mais sa deuxième saison aux Clippers sera décisive pour lui en matière de contrat." La situation contractuelle du jeune joueur pourrait donc influencer sa disponibilité pour l'équipe nationale.



Quant à Clint Capela, vétéran de la NBA, les discussions semblent ouvertes mais sans engagement concret pour le moment. "Clint est le bienvenu, nous sommes allés le voir avec le président à Houston. Les discussions étaient bonnes, mais nous n'avons pas eu de suite", confie le secrétaire général. La présence du pivot expérimenté serait évidemment un atout majeur pour la sélection helvétique.



Équipe féminine : la succession de François Gomez en cours



Du côté de l'équipe de Suisse dames, la fédération prépare activement l'après François Gomez. Le processus de recrutement est bien avancé avec 15 à 16 candidatures reçues à ce jour, dont plusieurs profils suisses. "Nous prendrons notre décision autour du 10 octobre", annonce Daniel Goethals.



Les dirigeants tiennent néanmoins à rendre un hommage appuyé au travail accompli par François Gomez, qui a notamment réussi l'exploit de qualifier la Suisse pour l'Euro 2025, une performance historique pour le basketball féminin helvétique.



Championnat : un format stabilisé avec dix équipes masculines



Au niveau du championnat national, Andrea Siviero et Daniel Goethals se montrent optimistes. La Swiss Basketball League devrait débuter avec dix équipes chez les messieurs et neuf chez les dames, assurant ainsi un format compétitif et équilibré.



Le président de Swiss Basket se réjouit particulièrement de la présence de Grasshopper Club Zurich en première division, tant dans la catégorie masculine que féminine. "On a besoin de cette ouverture en Suisse alémanique", insiste-t-il, conscient de l'importance d'avoir des clubs représentatifs dans les grandes villes alémaniques pour développer la popularité du basket.



Neuchâtel et Monthey sauvés in extremis



Au chapitre des licences, deux clubs ont vécu des moments d'incertitude : Neuchâtel et Monthey. Initialement refusées, leurs licences ont finalement été accordées pour participer au championnat de SBL. "Ils ont été sauvés par le gong", image Daniel Goethals avec soulagement.



Le secrétaire général tient toutefois à préciser la nature des problèmes rencontrés : "Il n'y avait pas que des problèmes financiers dans le refus initial de la licence, mais aussi des soucis sur le plan administratif." Ces deux clubs historiques du basket suisse pourront donc poursuivre leur aventure en première division, à condition de respecter désormais scrupuleusement les exigences fédérales.



Cette conférence de presse de rentrée témoigne de la volonté de Swiss Basket de construire un avenir solide pour le basketball helvétique, malgré les contraintes budgétaires et les défis organisationnels. Entre développement de la formation, ambitions pour les équipes nationales et consolidation du championnat, les chantiers sont nombreux mais la fédération semble déterminée à avancer méthodiquement sur chacun d'entre eux.

info Source : 20 Minutes | Sports

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